« Ce n’était pas une bataille, c’était une boucherie. », Jean-Roch Coignet dit Capitaine Coignet, officier français (1776-1865)

Lorsqu’il prit part le 18 juin 1815 à la bataille de Waterloo, Napoléon Bonaparte ne se doutait pas un seul instant qu’il jouait sa dernière carte. Il s’agissait de la dernière bataille à laquelle il prit part peu après avoir repris le contrôle de la France lors de la période des Cent-Jours.

Dans le langage courant, on parle de la bataille de Waterloo, mais en réalité, elle ne s’est pas déroulée tout à fait à cet endroit. Les combats se sont déroulés plus au sud de la ville de Waterloo sur une plaine qui couvre à présent la commune de Lasne et de Braine-l’Alleud. C’est pourquoi en France, on parle de la bataille de Mont Saint-Jean qui précise mieux l’emplacement réel des combats.

Les forces en présence étaient nombreuses. D’un côté l’armée des alliés commandée par le duc de Wellington et constituée de soldats britanniques, allemands et néerlandais ainsi que de l’armée prussienne du maréchal Blücher. De l’autre côté, l’armée française emmenée par l’empereur lui-même, Napoléon Ier.

Avec Superprof, retrouvez les raisons, les conséquences et les moments les plus importants de cette bataille.

Avant la bataille de Waterloo

Le sacre de Napoléon Bonaparte
Napoléon Bonaparte est sacré empereur de France et du peuple français

En 1814, Napoléon Bonaparte est vaincu lors de la campagne de France par une coalition européenne. Il abdique, mais il doit s’exiler sur l’île d’Elbe, située entre l’Italie et la Corse. C’est bien mal connaitre l’Empereur qui décide quelque temps plus tard de fuir cette île pour retourner en France.

Le 20 mars 1815, il arrive à Paris. Quelques mois plus tard, il a réussi au grand étonnement de tous, à mettre sur pied une armée composée de presque 130 000 hommes qu’il masse à la frontière avec le Royaume des Pays-Bas aux alentours du 14 juin.

De leur côté, les alliés ont prévu d’entrer en France avec toute leur armée en juillet, le temps de réunir toutes leurs forces. Les seules armées disponibles à ce moment-là, sont celles du duc de Wellington, basées dans la partie occidentale de la Belgique, et celle du maréchal prussien Blücher basée dans la partie orientale du pays.

Napoléon les devance en les prenant de cours dans un endroit stratégique situé sur le sol belge (qui n’est pas la Belgique à cette époque), les Quatre-Bras. L’endroit se trouve à 13 km au sud de Waterloo à mi-chemin entre les positions des deux armées.

Le plan de Napoléon est simple :

  • Frapper d’abord le premier adversaire et le détruire ;
  • Puis attaquer le second et l’écraser également.

Le plan est mis en œuvre et deux batailles se jouent le 16 juin :

  • La première réunit une partie de l’armée de Napoléon contre l’armée prussienne sur le champ de bataille de Ligny à proximité de Charleroi. Napoléon gagne le combat ;
  • La seconde réunit une autre partie de l’armée française sous le commandement du maréchal Ney contre une partie des soldats de l’armée de Wellington. L’armée impériale perd le combat. Le lendemain, les forces britanniques et hollandaises prennent position à proximité de Waterloo.

Protagonistes de la bataille de Waterloo

Les soldats de Napoléon
Les armées de Napoléon Bonaparte disposent d’armes moins modernes que les Anglais

Le duc de Wellington a déployé son infanterie dans un endroit en contrebas d’une crête afin de ne pas être vu par les soldats de Napoléon. Par contre, son artillerie se trouve sur la crête avec de nombreuses batteries de réserves. Elle est protégée par des fantassins. À l’arrière, l’armée anglaise est dotée d’une cavalerie et d’unités de réserve.

L’armée anglaise est avantagée par ses armes qui sont bien plus performantes que celles des soldats français. Par exemple, les Français disposent de canons qui tirent des boulets en fonte massive et les Britanniques possèdent des boulets explosifs bien plus efficaces. Les fusils prussiens et anglais sont d’un calibre supérieur à celui des Français et possèdent une cadence de tir plus élevé.

L’armée de Wellington déployé à Waterloo comprend 68 000 hommes répartis de la manière suivante :

  • 25 000 soldats de nationalité britanniques ;
  • 17 000 soldats néerlandais ;
  • 10 000 soldats originaires de Hanovre ;
  • 7000 soldats originaires de Brunswick ;
  • 6000 soldats de la King’s Gerlan Legion ;
  • Ainsi que 3000 soldats hollandais.

L’armée impériale de Napoléon compte presque 72 000 hommes avec une artillerie plus nombreuse.

Déroulement de la bataille de Waterloo

Départ de Napoléon en exil
Après sa défaite, Napoléon part en exil sur l’île d’Elbe

La bataille de Waterloo se déroule le dimanche 18 juin 1815. Il est possible d’en détailler le déroulement heure par heure.

À 11 h 30, les combats débutent par une attaque de diversion menée par le frère de Napoléon, le prince Jérôme. La bataille se déroule à proximité de la ferme d’Hougoumont possession des Anglais. Les combats sont violents, mais les Français ne parviennent pas à s’emparer du bâtiment.

À 12 h 30 l’artillerie française se prépare à utiliser ces canons. 80 d’entre eux sont disposés au centre et à gauche de la ligne alliée.

À 13 h 30, 17 000 fantassins du premier corps français de Drouet d’Erlon passent à l’attaque à proximité des fermes de la Haie-Sainte et de Papelotte. La réponse de l’ennemi est imparable : les Français sont reçus par des tirs de salves et repoussés par des attaques à la baïonnette avant d’être chargés par la cavalerie britannique. De nombreux soldats français sont tués non sans avoir infligé de lourdes pertes également aux Anglais.

À 15 heures, l’armée française se réorganise et tente un nouvel assaut contre la ferme de la Haie-Sainte aux mains des Anglais.

À 16 heures, c’est le début des charges de cavalerie française. Pendant près de deux heures, 10 000 cavaliers sont actifs sur un front de 10 km. Du côté des alliés, l’infanterie résiste.

À 17 heures, les premiers combats au corps à corps commencent entre les soldats de Napoléon et l’armée prussienne.

À 18 h 30, la situation devient difficile pour l’armée du duc de Wellington. Les soldats de Napoléon ont récupéré la ferme de la Haie-Sainte et ont pu disposer des canaux. C’est alors que le maréchal français Ney demande à Napoléon de renforcer l’infanterie pour assurer ses arrières. L’empereur lui répond qu’il a déjà épuisé toutes ses réserves à part quelques bataillons.

De son côté, le duc de Wellington prend un risque, mais il sait qu’il va être rejoint par l’armée prussienne.

À 19 h 30, Napoléon est mis au courant de la stratégie de Wellington. Il décide d’attaquer avant l’arrivée des troupes prussiennes. Les soldats français avancent bien qu’il soit constamment mitraillé par l’artillerie de Wellington.

À 20 heures, l’armée prussienne arrive à la rescousse du duc de Wellington sur le champ de bataille. Les troupes de Napoléon sont impuissantes face au nombre de soldats alliés.

À 21 heures, l’armée française se retrouve en déroute et parvient péniblement à protéger la fuite de Napoléon. Les armées de Wellington et de Blücher ont finalement remporté la bataille.

Durant cette demi-journée de combat, la bataille de Waterloo aura coûté la vie à près de 12 000 soldats et autant de blessés. Des milliers de cadavres de chevaux jonchent le site de la bataille.

Les conséquences de la bataille de Waterloo

Tombe de Napoléon Bonaparte
Napoléon Bonaparte repose sous le dôme des Invalides à Paris depuis 1840

Les conséquences de la bataille de Waterloo pour l’avenir politique et économique de l’Europe sont importantes. Il faut savoir qu’à l’époque l’empereur Napoléon Bonaparte était considéré comme le principal ennemi de la paix sur le vieux continent.

La première conséquence de la bataille de Waterloo est la création du congrès de Vienne qui essaye de chercher et de fixer les principes d’un système de paix durable pour le continent européen. Ce congrès réunira la majorité des pays européens de l’époque.

La Grande-Bretagne est le principal vainqueur de la bataille de Waterloo. Cette victoire lui permettra d’asseoir son autorité politique et d’accroitre ainsi sa stabilité et son développement économique.

Quant à la France, elle sort affaiblie de cette bataille. Elle en gardera pendant longtemps un gout amer. Son avenir sera par la suite incertain, balancé entre monarchie transitoire, révolution et coup d’État.

L’Italie, allié de la France en sera réduite à des Principautés, et la Pologne, disparaîtra complètement de la carte jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale.

Après la bataille de Waterloo, la France et l’Angleterre ne connaitront plus de conflits et resteront en paix. Ces deux pays deviendront même des alliés lors de la Première Guerre mondiale et lors de la Seconde Guerre mondiale.

Quant à Napoléon, le vaincu de la bataille de Waterloo, il terminera sa vie en exil sur l’île de Sainte-Hélène où il s’attaquera cette fois-ci à la rédaction de ses mémoires.

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Rédacteur Web SEO, je suis passionné par l’écriture, l’informatique, l’histoire des sciences et l’histoire en général. J’aime composer sur tous les sujets. Il n’y a rien de mieux pour apprendre de nouvelles choses et combler ma soif de savoir.