Cours particuliers Langues Musique Soutien scolaire Sport Art et Loisirs
Partager

L’idiome de la Rome antique, une porte ouverte vers les langues européennes

De Yann, publié le 09/04/2018 Blog > Soutien scolaire > Latin > Apprendre le Latin pour Maîtriser d’Autres Langues Étrangères

Le latin, en tant que langue-mère, représente 80 % des langues latines, parlées par 200 millions de personnes en Europe et plus d’un milliard d’individus dans le monde.

Et en tant que langue première ou seconde, c’est la moitié de l’Humanité qui a un idiome européen pour langue maternelle.

C’est dire à quel point l’aire géographique de la latinité est étendue.

On dit que la langue latine est une langue morte au motif que plus un humain sur Terre n’a le latin pour langue maternelle.

Pourtant, cet idiome figure bel et bien parmi l’une des langues officielles du Vatican, État pontifical de l’Église catholique romaine.

Et même si certains irréductibles latinistes continuent de valoriser l’étude de la langue comme faisant partie des langues vivantes, il faut bien admettre que dans l’enseignement secondaire, l’apprentissage des lettres classiques, en France, bat de l’aile : seulement 20 % des collégiens suivent cet enseignement en classe de cinquième.

Apprendre une nouvelle langue est toujours déstabilisant. Même si l’on a affaire à un alphabet latin, il y a toujours une phonétique différente et un système grammatical fluctuant.

Pourtant, nous allons voir que l’apprentissage du latin peut grandement aider à connaître de nombreuses langues.

Pourquoi le latin aide-t-il à devenir multilingue ?

Petit tour d’explication par l’Histoire de la civilisation romaine.

Après la chute de l’empire romain d’Occident en 476 après J-C, le latin vulgaire – la langue latine de la plèbe, le parlé populaire, véhiculaire des anciens colons romains – continue de se diffuser comme langue de communication, comprise par tous du Portugal aux pays des Balkans.

Avant de parler français, la langue latine était la norme en Occitanie. Apprendre le latin n’est pas si désuet que cela : c’est un passeport pour être polyglotte.

Des nombreux peuples sont ainsi locuteurs de plusieurs langues, leur propre langue maternelle (un dialecte), et le latin comme deuxième langue.

La fusion et l’interpénétration du latin dans ces dialectes régionaux durant le Moyen-Âge a donné naissance à de nombreuses langues aux racines étymologiques ressemblantes, régies sous le même alphabet latin, que l’on appelle langues romanes aujourd’hui : français, espagnol, italien, portugais, roumain.

Il est courant d’entendre que l’apprentissage des langues anciennes – langue grecque et latine – est une idée farfelue qui ne sert qu’à produire une surcharge de travail à nos petits collégiens (latin college), alors qu’entre les cours d’histoire géographie, les cours de langue ou encore les mathématiques, ils ont déjà beaucoup à faire.

C’est omettre que le cours de latin en ligne – transformé en Enseignement Pratique Interdisciplinaire (EPI) « Langues et Cultures de l’Antiquité » (LCA) – comporte une dimension propédeutique.

En effet, connaître les mots latins et la grammaire latine facilite l’acquisition d’autres compétences linguistiques futures, notamment pour le français et les langues étrangères, que sont l’espagnol, le portugais, le roumain et l’italien.

Dans les pays latins, nous sommes nombreux à nous déclarer monolingue, l’enseignement des langues n’étant pas notre atout le plus fort.

Pourtant, chaque élève ayant appris le latin constatera une proximité étroite avec sa propre langue.

La majorité des mots français, italiens ou espagnols, comportent une racine latine.

La mémorisation des verbes et des règles de grammaire française ou étrangère ne s’en fera que plus rapidement, et cela habituera le cerveau à faire des ponts d’un idiome à l’autre.

Savoir parler latin, c’est en quelque sorte prendre un cours d’anglais tout en apprenant l’espagnol, ce qui mène à la connaissance de l’italien.

Le cours de latin aide à mieux connaître l’espagnol et le portugais

De toutes les langues romanes dérivées du latin, l’espagnol et le portugais sont celles dont le rayonnement international est, en nombre de locuteurs, le plus important.

En effet, ces deux idiomes sont pratiqués dans tous les pays du continent latino américain, du Mexique à l’Argentine, de la Colombie au Brésil.

Remercions nos ancêtres les latins : grâce à eux, on peut se comprendre de l'Andalousie à la Roumanie. Dans toute la péninsule ibérique, les Romains furent le berceau de la langue espagnole et portugaise.

L’espagnol et le portugais sont des langues appartenant au sous-groupe des langues ibériennes, elles-mêmes faisant partie du groupe romano-roman ayant donné naissance aux dialectes espagnols d’aujourd’hui : castillan, galicien, extrémadurien, catalan, aragonais.

A l’issue de la seconde guerre punique, au 2nd siècle avant J-C, les Romains victorieux de l’empire de Carthage conquirent l’Espagne et le Portugal, alors nommées Hispanie. La romanisation s’effectua rapidement, l’empire romain accordant la citoyenneté aux populations converties au droit romain.

Aujourd’hui, il est plus facile pour des collégiens francophones d’apprendre l’espagnol que d’apprendre l’anglais ou l’allemand.

Pourquoi ?

Parce que le français et l’espagnol sont des langues cousines : elles ont la même racine latine.

Les deux langues comportent de nombreuses différences de grammaire et de prononciation, en résultante des influences historiques et ethniques différentes : l’espagnol fut influencé par les Wisigoths et les Arabes, la langue d’oïl (français) par les Gaulois et les langues germaniques.

Pourtant, il suffit de jeter un œil à la conjugaison latine d’un verbe latin pour s’apercevoir que l’on peut déduire facilement sa forme traduite en espagnol et en français :

  • Le verbe « adorer » : Adorare en latin, adorar en portugais et espagnol,
  • Le nom « accident » : Accidens en latin, accidente en espagnol, acidente en portugais,
  • L’adverbe « après » : Post en latin,  después en espagnol, depois en portugais,
  • L’adjectif qualificatif « grand » : Magnus ou grandis en latin, gran ou grande en espagnol, grande ou magno en portugais,
  • L’adjectif « abusif » : abusivus en latin, abusivo en espagnol, errôneo en portugais.

Autre particularité qui rendra les anciens élèves latinistes multilingues : la déclinaison latine aide grandement à traduire en espagnol ou en portugais car les noms, les adjectifs et les verbes s’accordent en genre et en nombre, contrairement à la langue anglaise.

De surcroît, il y a la même construction syntaxique dans la phrase latine que dans la langue espagnole et française, c’est-à-dire l’enchaînement « Sujet + verbe + adverbe + complément d’objet direct.

Cicéron, Ovide et Tite Live auraient pu écrire : Illa claudit semper fenestram antequam cenat. Voici les traductions portugaise, française et espagnole pour cette phrase latine :

  • Ella cierra siempre la ventana antes de cenar,
  • Ela sempre fecha a janela antes de comer,
  • Elle ferme toujours la fenêtre avant de manger.

Les ressemblances sont on ne peut plus criantes. Mais un autre langage est encore plus proche du latin : l’italien.

L’étude du latin aide à mémoriser l’italien

De l’Histoire de l’Empire Romain, résulte une grande perméabilité des langues européennes entre elles, avec un grand phénomène d’intercompréhension sur le continent.

C’est ce qui fait qu’un lusophone, un hispanophone et un francophone peuvent comprendre l’italien beaucoup plus facilement qu’un germanophone, bien que très peu d’européens ne sachent parler italien en dehors de l’Italie.

Comme le latin, l’italien – ou plutôt le toscan -, s’écrit comme il se prononce.

La Toscane, puissance culturelle et ses héritages romains Et c’est ici, dans la cité Florentine, que naquit la fille du latin : la langue italienne parlée aujourd’hui.

Le latin et l’italien ont une origine commune, dite « italique ».

La langue latine, on le sait, était la langue officielle de la région du Latium, celle qui permettait de vivre la vie quotidienne des Romains.

Mais la péninsule italique était composée d’une multitude de dialectes, tels que l‘osque, l’ombrien ou le grec, et plusieurs peuples se partageaient les provinces, à l’instar des Étrusques (dont les Romains s’inspirèrent énormément).

Il en résulte que de nombreux mots de vocabulaire furent empruntés et incorporés dans le langage italien.

Par ailleurs, l’italien est sans doute la plus proche du français de toute les langues romanes.

En témoigne cette liste de mots traduits en latin, puis en italien :

  • Manger : manducare / mangiare,
  • Boire : bibere / bere,
  • Dormir : dormire / dormire,
  • Église : ecclesia / chiesa,
  • Poule : gallus / gallina,
  • Vache : vacca / vacca,
  • Dieu : deus / dio,
  • Belliqueux : bellicosus / bellicoso,
  • Empire : imperium / impero,
  • République : res publica / repubblica,
  • Hérésie : haeresis / eresia,
  • Imitateur : imitator / imitatore,
  • Incendie : incendium / incendio,
  • Prérogative : praerogativa / prerogativa,
  • Industrie : industria / industria.

On ne va pas tout lister, mais on voit bien à quel point les trois langues sont proches.

Il suffit presque d’ajouter un « a » ou un « e » à la fin du mot français pour trouver la traduction italienne, quand la forme latine n’a pas été conservée telle quelle.

On pourra s’aider aussi du Grand dictionnaire latin français et italien pour déduire les ressemblances entre les mots.

Apprendre le latin pour mieux connaître le roumain

Dernier groupe de langues romanes – dont on ignore pourtant la véritable origine -, le roumain. C’est un écrin de latinité enclavé dans l’orthodoxie des Balkans d’origine slave.

L'ancienne Dacie, un pays de langue romane deux mille ans après Trajan. L’architecture romaine a bien disparu de la Roumanie : mais pas la langue !

On sait que la Dacie (la Roumanie actuelle) fut conquise par l’empereur Trajan (53-117) en 101-102 et 105-106 après J-C. De là, s’est formé le daco-roumain, une langue dont le lexique provient du latin (à 71 %).

Par exemple, de nombreux mots latins ont la même base étymologique que le roumain :

  • Labourer : laborare/ara,
  • Champ : campus/câmp,
  • Semer : seminare/semana,
  • Argent : argentum/argint,
  • Cheval : caballus/cal,
  • Étoile : stella/stea,
  • Pierre : petra/piatra.

Le roumain est une langue réputée pour être relativement facile à apprendre pour les francophones.

Le roumain est caractérisé par le fait que c’est le seul système langagier qui ait conservé l’article enclitique du latin : en français, l’enclitique est matérialisée par un trait d’union.

A contrario, la langue latine, comme le roumain d’aujourd’hui, accolent directement cet article enclitique à la fin du mot (lup/lupul en roumain, et en latin : populus/populusque, hominum/hominumque, deum/deumque, etc.).

Le roumain est aussi comme le latin, une langue flexionnelle, ce qui la rend différente des autres langues romanes d’Europe occidentale.

A ce titre, la langue roumaine a conservé un cas datif, génitif et vocatif qui se distingue par la désinence.

Qui se demande encore comment apprendre les langues vivantes ?

Partager

Nos lecteurs apprécient cet article
Cet article vous a-t-il apporté les informations que vous cherchiez ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (Soyez le premier à voter)
Loading...

Commentez cet article

avatar