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Savoir parler le langage de Cicéron pour progresser en littérature

De Yann, publié le 09/04/2018 Blog > Soutien scolaire > Latin > Apprendre le Latin pour Mieux Comprendre la Langue Française

« Si les Romains avaient dû d’abord apprendre le latin, ils n’auraient jamais eu le temps de conquérir le monde. » Albert Willemetz (1887-1964).

Et si les légionnaires de l’Empire de Rome n’avaient jamais eu le temps de conquérir le monde connu de leur époque antique, alors nous n’aurions certainement pas pour langue maternelle les langues romanes (français, italien, portugais, espagnol, catalan, occitan, etc.).

De surcroît, nous verrions effectivement une inutilité parfaite à apprendre le latin.

Il est souvent dit que le latin est une langue morte qui ne sert plus à rien puisque plus personne ne le parle en tant que langue maternelle.

Pourtant, on connaît la célèbre citation d’Antoine Lavoisier (1743-1794) : « Rien ne se perd, tout se transforme ».

Dans le monde du 21ème siècle, la latinité demeure pourtant géographiquement très importante puisqu’elle s’étend du continent latino américain à l’Europe, en passant par les anciens territoires colonisés d’Afrique.

39 % de la population mondiale, soit 3 milliards d’individus sur Terre utilisent l’alphabet latin : une influence culturelle, linguistique, démographique et économique directement héritée de la civilisation romaine.

Partant, la langue latine n’est qu’une des langues anciennes – comme le grec ancien – qui s’est transformée et qui a donné naissance à des langues filles, dites langues romanes.

En Gaule romaine, c’est à l’époque médiévale que le latin vulgaire – vulgaris latinum, tel que parlé par les colons Romains – se mélange à la langue française, et dérive lentement pour former une langue distincte.

Pour cette raison, la langue française est très proche du latin : l’on peut donc trouver une phrase française à partir d’un lemme latin.

Dans cet article, la rédaction explique dans quelles mesures devenir latinophone permet-il de mieux comprendre le français.

Comprendre l’alphabet de la langue française

L’apprentissage du latin favorise grandement la réussite des collégiens aux cours de français. Pour apprendre une langue en effet, la base fondamentale est l’étude de son alphabet.

Les lettres classiques, ça permet de connaître la linguistique moderne. Lire et déchiffrer le latin, c’est apprendre à mieux connaître son alphabet.

De fait, les latinistes n’auront aucun mal à mémoriser l’alphabet latin college : c’est presque le même que l’alphabet français, avec toutefois quelques différences notoires.

Dans la graphie latine, il n’y avait que 20 lettres au temps du latin archaïque (jusqu’à 100 av. J-C) : les lettres « G », « J », « U », « W », « Y » et « Z » de notre langue française actuelle n’étaient pas employées.

Le latin classique, lui, utilisait jusqu’à 23 lettres suite à l’ajout du « G » au 3ème siècle, du « Y » et du « Z » par emprunt à l’alphabet grec.

Et il n’y avait encore aucune distinction entre les lettres « U » et « V », c’est pour cela que la lexicographie latine fait apparaître un « V » dans les textes anciens.

La fonction originelle de l’alphabet latin – dérivé de l’alphabet étrusque, lui-même dérivé du grec ancien et indirectement, de l’alphabet phénicien – était d’écrire le latin parlé par les résidents de Rome et du Latium, cette petite région du centre de l’Italie.

Il s’agissait alors d’une écriture monocamérale, c’est-à-dire que les majuscules étaient inexistantes.

Ce n’est « que » sous le règne de Charlemagne (800-814) que l’alphabet latin moderne devient bicaméral, en dissociant minuscules et majuscules pour une raison lexicale.

Avec le temps, des signes diacritiques suscrits (accent aigu, accent grave, circonflexe et tréma) et souscrits (la cédille) ont été ajoutés et des lettres créées afin de mieux s’adapter à la phonétique des dialectes usités en France, notamment la langue d’oïl et la langue d’oc.

Un héritage direct présent dans notre alphabet nous est venu des Romains et du latin classique : la ligature œ et æ.

On les retrouve notamment dans plusieurs mots latins français (ad vitam æternam, curriculum vitæ, ex æquo, et cætera, ou des noms latins comme Lætitia).

C’est la connaissance des deux systèmes d’écriture qui permet de mieux connaître l’étymologie des mots.

Mieux connaître les racines étymologiques des mots français

La France a continuellement été occupée par des peuples différents à travers toute son Histoire.

De fait, de nombreux mots sont restés dans le langage courant, formant une sorte d’héritage assimilé des colonisations par les civilisations antiques.

La langue latine a donné naissance à des idiomes de mêmes racines étymologiques. On peut considérer que comme le bambou, les lettres classiques ont fait des rhizomes : le français, l’italien, l’espagnol et le portugais.

Les Gaulois, populations Celtes qui occupèrent la France et même une partie de l’Italie jusqu’aux incursions de Jules César (-100 ; -44), léguèrent des mots de la vie rurale tels que :

  • Chêne,
  • Bouleau,
  • Tonneau,
  • Sillon,
  • Char,
  • Charrue.

Ces mots furent adoptés par les Romains lorsqu’ils annexèrent la Gaule au milieu du 1er siècle avant J-C. Lors, le latin – langue du droit, de l’administration romaine et de l’armée – déferla dans toute la Gaule.

La graphie du français n’est réalisée qu’entre les 14ème et 16ème siècle, sous l’effet de la Renaissance : alors que les rois de France valorisent désormais ce que nous appelons l’ancien français, le latin demeure la langue des sciences et des arts nobles.

Érasme (1467-1538) écrivit même dans la langue latine, de manière à être compris dans toute l’Europe.

L’écriture notre propre langue se fait donc progressivement sur la base des étymons latins, par exemple :

  • Ajout d’un « s » muet sur la troisième déclinaison latine (tempus devient « temps », corpus devient « corps »,
  • Maintien de la consonne initiale : duru devient « dur », barba devient « barbe », stadium devient « stade ».

Le linguiste retient que l’étymologie de la langue française s’est formée en suivant quatre règles d’évolution linguistique du latin vers le français :

  • La palatalisation (modification phonétique d’un son, comme castellum donna « chastel » en ancien français),
  • La diphtongue (association de deux voyelles),
  • La nasalisation des phonèmes,
  • L’amuïssement (quand une consonne ou une voyelle deviennent muettes).

Aujourd’hui, parmi les mille mots français les plus répandus, une majorité d’entre eux proviennent directement du latin ou des racines grecques.

En témoigne ce lexique latin français, prouvant l’usage de mots français admis en latin, ayant la même terminaison, voire la même orthographe que leur version latine :

  • Animal,
  • Plante (du latin planta),
  • Lavabo,
  • Examen,
  • Empire (du latin « imperium »),
  • Prospectus,
  • Famille (du latin familia),
  • Agenda,
  • Humus,
  • Alter ego,
  • Amen,
  • Alibi,
  • Belliqueux (du latin « bellicosus » et « bellum »),
  • Bravo,
  • Distinguo,
  • Chorus,
  • Esprit (du latin « spiritus »),
  • Fac simile (le fax),
  • Idem,
  • Memento,
  • Mordicus,
  • Nec plus ultra (pour dire « plus que parfait »),
  • Paix (du latin « pax »),
  • Quidam, etc.

Mieux comprendre la grammaire française

L’apprentissage des langues européennes, du français et de leur construction grammaticale se trouve nettement favorisé lorsque l’on est muni d’un dictionnaire français latin (par exemple, le Grand dictionnaire latin français de F. Gaffiot) et des meilleurs livres de grammairiens latinistes.

Les cours de latin, pour ne plus faire de fautes d'accords. Pronom personnel, démonstratif, adjectifs, sujet, verbes et adverbes, COI/CDD : le système grammatical français est lié à ses ancêtres.

Le système grammatical latin est un peu différent de la grammaire française.

En latin, l’infinitif nominal est un nom neutre au singulier.

Il représente le sujet, l’attribut du sujet ou le complément d’objet, et peut même être un adjectif.

Par exemple, voici quelques phrases françaises suivies de leur locution et phrase latine traduite :

  • Il est honteux de mentir : errare humanum est,
  • Mieux vaut mourir que fuir : praestat mori quam fugere,
  • Chanter me plaît : cantare me juvat,
  • Pour le philosophe, vivre, c’est penser : philosopho vivere est cogitare,
  • Mon devoir est d’agir : meum est agere,
  • Donner à boire : dare bibere,
  • Avoir à dire : habere dicere.

Bien sûr, il faudra passer par l’apprentissage des verbes, mais on constate une chose : même pour un Français en cours de latin pour débutants, il est possible de deviner le sens des phrases, en vertu de la proximité du latin avec notre langue maternelle.

Nombreuses sont les expressions françaises qui sont proches d’une locution latine.

L’étude des différents cas de la langue latine (nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif) et de chaque déclinaison aide à mémoriser la grammaire française car chacun de ces cas correspond à des classes de mots.

  • Le nominatif équivaut au sujet, ou attribut du sujet,
  • Le génitif équivaut au complément du nom ou de l’adjectif,
  • Le datif représente le complément d’objet indirect,
  • L’accusatif est le complément d’objet direct,
  • Le vocatif est un mot mis en apostrophe,
  • L’ablatif regroupe les compléments circonstanciels.

Progresser en expression écrite

A quoi sert le latin ?

L’étude de la langue latine, ça permet aussi de se constituer un stock de mots de vocabulaire plus solide que les non latinistes ou hellénistes.

Les cours de langue latine aident à devenir un bon rédacteur : pourquoi pas ? Grâce aux enseignements de langues anciennes, finie l’angoisse de la page blanche.

Vraiment ?

En fait, la lecture de textes anciens – voire la philologie – d’Ovide, de Tite Live, de Cicéron et Sénèque ou les récits de Pline le Jeune sur la tragédie de Pompéi – et d’Herculanum – (en 79 après J-C) implique d’avoir un regard curieux sur le monde antique, ce qui permet :

  • D’étendre sa culture générale sur la Rome antique,
  • De connaître l’histoire de la littérature antique,
  • De s’intéresser à la mythologie romaine,
  • De découvrir ce qu’était la vie quotidienne des romains,
  • De devenir incollable sur l’Antiquité en histoire-géographie,
  • De connaître le fonctionnement institutionnel de l’empire romain.

Mais en plus de tout cela, lire, écrire et parler latin permettent surtout de progresser en expression écrite du français.

En lisant ou en cherchant à traduire un texte latin, la mémorisation du vocabulaire français sera décuplée, c’est la raison pour laquelle faire du latin dès l’enseignement secondaire est bénéfique.

Car le champ lexical accumulé, ça reste pour longtemps, cela fait progresser en orthographe et cela peut même transmettre une passion pour la lecture à chaque élève.

Les cours de civilisation gréco romaine, des enseignements optionnels qui devraient être, pour certains, obligatoires.

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