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Alphabet latin : d’où vient-il ?

De Yann, publié le 09/04/2018 Blog > Soutien scolaire > Latin > Lettre Romaine : Origine et Influences !

L’histoire de Rome est également liée à son écriture. Quel alphabet était utilisé par Cicéron, Tite Live ou Jules César aux premiers siècles de l’Empire Romain ?

Les lettres romaines ont subi de nombreuses influences au cours des siècles et avant de devenir lettres de l’alphabet romain, elles étaient ni plus ni moins une écriture cunéiforme qui a vu le jour près de quatre siècles avant notre ère.

Prêt à en savoir plus sur les origines et le développement de l’alphabet romain et du système d’écritue en langue morte latin ? Superprof vous dit tout !

Une chronologie du développement de l’alphabet latin

D'où viennent les lettres latines ? L’épigraphie ou étude des signes gravées a permis de déterminer l’origine des alphabets.

Dans la langue latine, les lettres romaines que l’on utilise aujourd’hui ne sont pas apparues comme par magie du jour au lendemain.

La graphie des lettres majuscules et minuscules a subi plusieurs influences et de nombreuses modifications avant de devenir telle qu’on la connaît aujourd’hui en cours de latin.

Retour sur l’invention de l’écriture et les influences qui ont suivi :

  • 3 700 avant Jésus-Christ : les Sumériens développent l’idée d’une phonétique systémique. Ils utilisent un alphabet cunéiforme qui sera largement diffusé, emprunté et adapté. Le sumérien semble être la plus ancienne langue écrite connue. L’écriture était principalement pictographique et linéaire : des signes phonétiques renvoyaient à des voyelles tandis que des logogrammes ou idéogrammes renvoyaient davantage à une idée, une chose avant de renvoyer à un son,
  • 3 100 avant JC : les hiéroglyphes de l’Egypte ancienne font leur apparition lorsque les Egyptiens empruntent l’idée d’écriture, de logogrammes et de phonographie aux Sumériens. L’écriture égyptienne est avant tout figurative. Les caractères représentent directement des objets et des êtres vivants divers : les plantes, les dieux, les hommes, les animaux… Cependant, trois catégories de signes ont été mis en avant par les spécialistes : les signes-mots (idéogrammes) qui désignent un objet ou une action, les signes phonétiques (phonogrammes) pour une consonne ou une série de consonnes et les déterminatifs qui indiquent le champ lexical du mot,
  • 2 500 avant JC : l’écriture cunéiforme est complétée en Mésopotamie. L’écriture des Mésopotamiens est capable de transmettre n’importe quelle idée,
  • 2 000 avant JC : les scribes égyptiens développent un alphabet de 26 signes qui se répand rapidement parmi les esclaves, les mercenaires et les étrangers présents en Egypte,
  • 1 500 avant JC : l’alphabet protosinaïtique dérivé des hiéroglyphes égyptiens apparaît. Il est également appelé alphabet protocananéen. C’est un alphabet linéaire (par opposition à un alphabet cunéiforme), composé de 23 signes. C’est l’ancêtre du phénicien,
  • 1 000 avant JC : les Phéniciens ont utilisé l’alphabet protosinaïque et l’ont transformé en un alphabet simplifié, consonantique et non pictographique. Il était utilisé pour transcrire le phénicien, une langue sémitique. Il s’agit d’un abjad car il ne note que les sons consonantiques. Cet alphabet s’est répandu dans toute la Méditerranée par l’intermédiaire des marchands et il a évolué selon les cultures présentes dans le pays source,
  • 850 avant JC : les Grecs s’approprient l’alphabet phénicien en ajoutant des voyelles. C’est le premier véritable alphabet car il note chaque consonne et chaque voyelle par un graphème séparé. Il n’y a plus de syllabes notées et c’est encore aujourd’hui l’alphabet utilisé en Grèce. Cet alphabet n’a aucun lien avec les écritures précédentes, le linéaire B et le syllabaire chypriote, qui étaient utilisées pour écrire le grec jusqu’alors,
  • 775 avant JC : les Etrusques sont envahis par les Grecs et adoptent l’alphabet grec en l’adaptant pour former ce qui deviendra l’alphabet étrusque qui sera utilisé en Rome Antique plus tard,
  • 650 avant JC : les Romains empruntent l’alphabet étrusque pour écrire la langue latine et répandent une version modifiée à travers l’Europe : l’alphabet collège latin.

Le système d’écriture de la région du Latium ne date pas d’hier. L’étude des livres anciens le prouve et montre l’évolution d’un dialecte et d’une écriture : pourquoi ne pas consulter notre top des expressions latines pour vous familiariser avec ces nouveaux mots ?

A quoi ressemble l’alphabet romain ?

Comment lire le latin ? Les lettres latines sont empruntées au grec.

L’alphabet romain, dans sa version archaïque, ne comptait que 20 lettres. Il n’y avait pas de G, de J, de U, de W, de Y et de Z.

De nombreuses lettres (comme dans de nombreuses langues anciennes) sont directement dérivées des lettres grecques dans l’écriture du latin, sans changement de graphie : A, B, E, I, K, M, N, O, T et X. L’utilisation du K est très rare, on lui préfère le C.

D’autres lettres ont été remodelées pour former les lettres C, L, S, P, R et D de l’alphabet romain. Les lettres V, F et Q qui n’étaient plus utilisées par les Grecs trouvent leur fonction au sein de l’Empire Romain.

Au IIIème siècle, le G, le Y et le Z ont été ajoutées par dérivation de l’alphabet grec et notamment pour faciliter l’écriture des mots d’origine étrangère. Il faudra attendre le Moyen-Âge pour voir l’apparition du J, du U et du W pour faciliter l’écriture de certains mots et distinguer consonnes et voyelles.

En effet, le J et le U servaient à la fois de consonne et de voyelle à la base.

L’alphabet romain est à l’origine de notre alphabet latin.

Les types d’écriture de la lettre romaine

Apprendre une langue qui n’est pas notre langue maternelle, qui plus est quand elle ne fait même plus partie des langues parlées aujourd’hui au même titre que la langue grecque ancienne, n’est pas toujours chose facile !

C’est pour cette raison qu’étudier les différents types d’écritures est un moyen efficace pour l’apprenant d’apprendre à bien prononcer les phonèmes latins et d’aborder cette langue d’une façon phonologique.

Pour écrire leur alphabet, les Romains disposent de quatre écritures principales. Leur utilisation dépend du support choisi et du destinataire du texte écrit :

  • La capitale,
  • La cursive,
  • La rustica,
  • La quadrata.

La capitale romaine est destinée aux monuments. Elle est gravée dans la pierre ou le marbre. Ce n’est que bien plus tard que le nom « capitale » a fait son apparition.

Les Romains ne l’appelaient pas ainsi. Dans l’imprimerie (bien après le monde grec et la république romaine), les imprimeurs plaçaient les lettres majuscules en haut du meuble où étaient rangés les lettres servant à imprimer. Haut se dit caput en latin, ce qui a donné capitale.

Au départ, le sens d’écriture n’est pas défini. Les Romains écrivent de gauche à droite puis de droite à gauche quand ils reviennent à la ligne. Ce n’est qu’au IVème siècle avant JC que le sens gauche-droite est adopté définitivement.

On constate aussi qu’à l’origine, les mots ne sont pas séparés, puis sont séparés plus tard par des points. Au IIème siècle av JC, l’écriture en capitale est au point.

Quelles sont les différentes formes d'écriture utilisées ? La rustica était moins utilisée à Rome que la capitale.

L’écriture cursive est employée dans la vie courante pour les lettres, les actes commerciaux, les lois… C’est aussi l’écriture utilisée par les étudiants. Les supports sont différents selon l’utilisation : papyrus, tablette de cire, bois ou argile et on utilise un stylet, une plume ou un pinceau pour écrire en latin. Ce sont des supports fragiles et il est donc difficile de savoir à quel période l’écriture cursive est apparue.

Le tracé des lettres cursives est plus rapide et plus simple que les capitales ou la rustica. L’écriture est difficile à déchiffrer de par sa rapidité d’exécution et une fois encore les lettres sont liées entre elles et les mots ne sont pas séparés.

Peu à peu, la cursive « moderne » fait son apparition. Elle n’utilise plus seulement des majuscules mais aussi des minuscules dès le IVème siècle. C’est cette évolution qui donne naissance aux écritures des empires Wisigoth, Franc et Britannique.

La quadrata est utilisée pour l’écriture des premiers livres sur parchemin, appelés codex (assemblage de plusieurs feuilles de papyrus).

Elle était écrite grâce à un calame (roseau taillé) ou une plume. La quadrata est principalement employée pour l’écriture des manuscrits prestigieux car elle est plus longue à écrire que la cursive. La forme des lettres est quadrangulaire et bien proportionnée.

Elle se rapproche de l’écriture capitale mais les abréviations sont rares. Il n’y a toujours pas de ponctuation ou de séparation entre les mots.

L’écriture rustica a été utilisée entre le Ier et le IXème siècle. C’est une évolution de la quadrata. L’écriture rustica était écrite au calame. Elle était parfois gravée dans le bronze, l’ivoire ou la pierre car elle prenait moins de place que la capitale romaine. Les lettres étaient plus étroites que la quadrata et ses formes étaient plus souples.

Focus sur le système romain de numération

On pourrait penser que les belles lettres romaines ont donné naissance à leur système de numération. En effet, le C pourrait être une abréviation de centum (cent) et le M de mille. Il n’en est rien ! C’est de l’histoire ancienne que l’on doit encore une fois aux Etrusques, une histoire à étudier pour apprendre à parler latin.

Le comptage se fait donc dans l’histoire romaine à l’aide d’un héritage purement étrusque, à ne pas confondre avec les lettres romaines :

  • I : un,
  • V : cinq,
  • X : dix,
  • L : cinquante,
  • C : cent,
  • D : cinq cents,
  • M : mille.

Pourquoi utilise-t-on les chiffres arabes aujourd'hui ? L’écriture romaine des nombres peut se retrouver sur des horloges.

L’écriture se fait de gauche à droite, du plus gros chiffre au plus petit. Il faut donc additionner pour savoir à quel chiffre nous avons affaire. Une règle : on ne répète jamais un nombre plus de 4 fois.

Comment lire 4999 alors ?

L’écriture par soustraction est la solution trouvée mais tardivement. Il faut attendre le Moyen-Âge après de nombreux tâtonnements pour obtenir ce qu’on utilise encore aujourd’hui :

  • 9 par écriture additive s’écrit VIIII,
  • Il s’écrit IX grâce à l’écriture par soustraction. Il faut soustraire 10-1 pour obtenir 9.

Pour les nombres supérieurs à 5 000, les Romains ont également cherché plusieurs solutions. Il s’agissait au départ de cercles autour d’une barre pour ajouter les milliers et les centaines de milliers mais ce n’était guère pratique à tracer sur la pierre.

Ensuite, on exprimait les milliers avec une barre horizontale au-dessus du nombre. Une barre refermée aux extrémités, voire un cadre complet autour d’un chiffre indiquait parfois les centaines de mille.

Puis, on écrivait II.C pour 200 ou III.M pour 3 000.

Plutôt compliqué, vous ne trouvez pas ? Mais ne décrochez pas : vous arriverez, avec le temps, à parler latin comme à l’époque !

Aujourd’hui, on ne donne plus la date en chiffre romain. Le nombre arabe a remplacé toute forme romaine des chiffres.

Même en maths et en arithmétique, les nombres décimaux sont écrits avec leur graphie arabe. On utilise les chiffres romains pour écrire les noms de rois (Louis XIV, François Ier…), de siècles (IIIe, VIe siècle, XVIIIe…), de dynasties, les arrondissements d’une ville (le IVe, le XIIIe…), une table des matières, les divisions importantes d’une oeuvre (Acte I, chapitre V…), etc.

Mais leur usage n’est pas obligatoire la plupart du temps et petit à petit, il vient à disparaître. Peut-être pour se faire tatouer la date de naissance en chiffre romain de son petit dernier sur la clavicule, la nuque ou encore le bas du dos ?

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