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Écrire en cyrillique est-il à la portée des Français ?

De Yann, publié le 21/03/2018 Blog > Langues > Russe > Écriture Russe : Est-ce Difficile Pour un Francophone ?

Si les collégiens et lycéens de France apprennent volontiers et en grande nombre l’anglais, l’espagnol, l’allemand et l’italien, on ne peut pas en dire autant de la langue russe…

Cette dernière est une LV1, LV2 ou LV3 d’exception ; de même, chez les adultes, l’apprentissage de l’alphabet cyrillique découle souvent d’intérêts professionnels précis ou d’une passion marquée pour la culture slave.

Le touriste français d’un été à Saint-Pétersbourg prend rarement la peine de creuser la question de la maîtrise de l’écriture russe, alors qu’elle ne se pose même pas pour un séjour au Portugal ou dans la baie de Naples !

C’est que la logique alphabétique de la Neva et de la Moscovie est très différente de ce dont nous avons l’habitude dans notre petit Hexagone.

Qui dit autre système, dit autre logique : il faut simplement – si l’adverbe est permis… ! – entrer dedans.

Et c’est justement ce que nous allons étudier dès à présent : les locuteurs du français ont-ils du mal ou au contraire des facilités à manier les cursives russes ?

Description fondamentale de l’alphabet cyrillique

L’alphabet cyrillique est un héritage dont l’histoire dépasse le simple millénaire.

Ce sont deux moines et frères, missionnaires chrétiens, les saints Cyrille et Méthode, qui ont composé sous l’ère carolingienne un système de 30 phonèmes permettant de transcrire les langues slaves jusqu’alors uniquement orales.

C’est par un jeu de mots hautement mnémotechnique que les historiens français parlent volontiers de « méthode cyrillique ».

L'enseignement secondaire du russe et des langues étrangères en général dans le système scolaire français est souvent considéré comme peu efficace. Franchouillard et chauvin | Les Français ont la réputation d’être… fâchés avec les langues vivantes, dont le russe

Depuis, ce système alphabétique a largement eu le temps de se transformer au gré des périodes de l’histoire et des évolutions linguistiques.

Le slavon du rite oriental russe peut être considéré comme étant le vieux russe ou vieux-slave médiéval figé par la liturgie et la littérature religieuse russophone.

De très nombreuses branches se sont nourries sur ce tronc commun, mais c’est bel et et bien l’écriture russe qui occupe le premier rang, aussi bien pour ce qui est du nombre de locuteurs que par son rayonnement culturel.

Aujourd’hui, l’alphabet cyrillique russe compte 33 lettres – il y en avait encore près de 40 au XVIIIe siècle ! Comment écrire les lettres russes sur un clavier azerty ?

Réjouissez-vous, chers amis francophones : cela nous fait donc au XXIe siècle moins de caractères à apprendre que jadis !

Cette variation est due à des réformes orthographiques renouant avec la logique de la langue russe : celle-ci tire de sa genèse même une nature éminemment phonétique, et non étymologique.

On peut y deviner une rigueur morphologique et grammaticale sans faille, d’autant plus précieuse qu’elle limite les pièges orthographiques dans la rédaction de textes en russe, tâche parfois ardue pour les néophytes franco-français…

À cet égard, l’écriture du russe est donc à l’opposé de l’orthographe du français : là, toutes les « réformes » – depuis celles de l’Académie française fondée par Richelieu en 1632 à celles de l’Assemblée nationale en 1986 et 1990 – ne font que multiplier les exceptions et incohérences en prétendant les limiter…

Les principales différences entre alphabets latin et russe

Le fossé entre l’alphabet latin utilisé par la langue française et le système graphologique des Russes saute aux yeux dès lors que l’on met l’un en face de l’autre…

C’est dans ce contraste que réside une partie des difficultés réservées aux Français par l’enseignement de l’écriture russe.

Pourtant, les philologues savent bien qu’il y a un cousinage entre ces deux ensembles de signes : les lettres françaises descendent directement du latin universalisé par l’Empire romain, tandis que ce dernier est par la famille des langues indo-européennes un cousin du grec qui a donné naissance au cyrillique.

Le slavon usité par l'Église orthodoxe mais aussi catholique russe n'est autre que l'ancien russe des érudits, des savants et de la cour. Écriture du vieux-slave | Écrire du russe transcaucasien ancien de Géorgie : là, c’est peut-être trop en demander… | source : Wikimedia Commons

Force est de constater que si l’alpha, le bêta, l’omicron et le sigma des Grecs anciens sont – à l’image de plusieurs autres lettres – assez proches des dessins latins, les correspondances sont moins nombreuses avec le russe, d’où une difficulté accrue pour un auditoire francophone.

Cela signifie qu’il y a malgré tout une certaine parenté dans le tracé des unes et des autres. D’ailleurs, certains principes rédactionnels sont identiques et vous rappelleront peut-être vos années de CP et de CE1 : quand on écrit avec application, la pointe du stylo ne doit pas cesser de toucher la feuille de papier avant la fin d’un mot (en français, points et accents sont donc normalement ajoutés après coup).

Les années passant, on oublie souvent que la typographie française est codifiée à ce point… Eh bien, les normes rédactionnelles sont tout autant rigides pour l’écriture de la langue slave, avec des caractères informatisés précis et des cursives classiques qui permettent à tout un chacun de pouvoir comprendre n’importe quelle texte manuscrit, qu’il provienne de Novgorod ou de Vladivostok…

Pour le reste, le russe a comme le français des voyelles et des consonnes. Les fonctions de ces dernières sont toutefois plus complexes dans les steppes eurasiatiques : elles peuvent être mouillées ou dures, par elles-mêmes ou en fonction des voyelles auxquelles elles sont associées.

Un obstacle de plus, donc, à surmonter, mais c’est chose possible !

Contrairement au français, la langue russe comporte de véritables accents toniques mais ceux-ci ne trouvent pas nécessairement de traduction à l’écrit.

Pour vous faciliter la tache, achetez un clavier cyrillique !

Y a-t-il des langues plus difficiles à écrire que d’autres pour un Frenchie ?

Devant cette description de l’abîme qui sépare l’orthographe russe de la graphie du français, certains désespéreront peut-être et renonceront à recopier de beaux passages de Gogol ou Tchekhov…

Pourtant, à écriture difficile, écriture difficile et demie. Le russe peut faire office de langue relativement aisée à écrire si on le compare avec des idiomes encore plus exotiques d’un point de vue hexagonal.

À cet égard, un Français n’aura en somme pas de grande difficulté à maîtriser une écriture de type alphabétique : c’est un vaste groupe dans lequel se retrouvent le français et le russe, mais aussi des langages moins répandus comme le hongrois – qui, s’il emploie l’alphabet latin, utilise accents et trémas pour jouer sur 40 lettres différentes (44 avec les caractères q, w, x et y introduits pour translittérer des termes étrangers).

La manipulation et la composition de caractères seuls et « mobiles », si elles rendent les fautes d’accord ou lexicales plus courantes, sont cependant un véritable réflexe pour le cerveau d’un Occidental : il sera plus à même de se faire comprendre à l’écrit par un russophone.

L'arabe est sans doute l'une des langues les plus malaisées à étudier pour un natif francophone, à l'instar du chinois et du japonais. L’Alcoran | La langue religieuse des Tchétchènes est plus difficile que le russe : pas de voyelles, une écriture de droite à gauche et un alphabet totalement différent | source : Wikipedia

C’est une gymnastique écrite beaucoup plus aisée pour un francophone que la confrontation avec un système syllabaire (partiellement, le japonais) voire exclusivement idéogrammatique (le chinois en est l’exemple phare : il faut apprendre un symbole par mot – tandis que ressemblances et confusions ne sont pas rares, et l’art extrême-oriental de la calligraphie est particulièrement complexe, façon hiéroglyphes !).

De même, une langue comme l’arabe (cas de l’hébreu des origines également), s’écrivant de droite à gauche et où les voyelles n’ont pas la même existence écrite qu’au Québec, sera toujours plus difficile pour un étudiant français.

Pour le russe, l’usage de l’écriture est sans doute plus accessible que l’assimilation par cœur de listes de vocabulaire : les lexiques français et russe n’ont quasiment rien à voir, même si nous venons tous d’Adam et d’Ève que nous trouverons peut-être une ascendance langagière commune…

Mais c’est une autre question, et une autre paire de manches !

Les écueils à éviter pour apprendre à écrire le russe en France

Rien ne serait plus fou que de vouloir apprendre à parler russe en refusant d’avoir à l’écrire.

D’ailleurs, que ce soit pour écrire ou pour lire, le début de la manœuvre est le même : emmagasiner les lettres de l’alphabet russe, pour savoir les reconnaître, les nommer, les prononcer (le cas échéant).

Vient ensuite la rédaction en tant que telle.

Il ne faut pas brûler les étapes, et ne jamais commencer à prendre sa plume sans connaître parfaitement le système cyrillique, sans quoi les confusions seraient monnaie courante par la suite.

Après, le travail est somme toute extrêmement facile, à la portée d’un gamin de maternelle : copier et recopier un même caractère à partir d’un modèle (différents cahiers d’exercices/méthodes d’écriture du russe sont vendus par les libraires de métropole), puis faire des lignes et dupliquer des textes…

Cela vous rajeunira, en vous remettant sur les bancs de l’école primaire ! Mais n’ayez surtout pas l’impression de perdre votre temps ou d’accomplir une tâche intellectuellement ingrate : ceux qui apprennent le coréen ou le tamoul n’ont pas d’autre choix que d’emprunter la même voie – et rassurez-vous en songeant aux difficultés  bien plus importantes que les vôtres qu’ils sont près de rencontrer…

Les rapports entre Français et Russes ont grandement varié selon les époques. Guerre de Crimée | Plutôt que d’apprendre l’alphabet cyrillique russe, les empereurs des Français Napoléon Ier et III ont fait valoir d’autres arguments pour aller à la rencontre de la civilisation russe… | source : upload.wikimedia.org

En bref, à tout âge l’idéal est de se focaliser sur l’écrit dès ses premières leçons de russe – c’est d’ailleurs ce que font nombre de professeurs certifiés de l’enseignement public ou d’enseignants donnant des cours de russe particuliers.

Un tel tutorat maximisera vos chances de ne pas buter sur les obstacles qui vous attendent sur le chemin du bilinguisme russe-français. Et tout ceci, on peut l’apprendre n’importe où, notamment lors de cours de russe paris !

L’essentiel est de ne pas rester tout seul à se noyer en cas de difficulté : il faut pouvoir et savoir faire appel à des personnes qualifiées. Et si l’on n’en a guère dans son entourage, l’Internet peut dignement pallier ce manque, l’e-learning facilitant grandement les choses !

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