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L’origine des lettres latines

De Yann, publié le 09/04/2018 Blog > Soutien scolaire > Latin > Alphabet Latin : Histoire et Evolution

« Tout homme qui possède son alphabet est un écrivain qu’il ne faut pas méconnaître. » Louis-Ferdinand Céline

L’alphabet latin, base de la langue latine, est né aux alentours du VIème siècle avant Jésus-Christ en Italie. Il est commun à presque tous les pays occidentaux.

A l’époque, le sens d’écriture n’était pas encore défini. Les inscriptions sont écrites de droite à gauche sur une fibule retrouvée (une épingle en or) alors qu’elles sont écrites de gauche à droite dans d’autres cas, voire en alternant une ligne de gauche à droite et une de droite à gauche.

Au début, les lettres sont au nombre de dix-neuf.

La graphie est très simple et dévoile une origine métissée phénicienne, grecque et étrusque.

  • Comment a évolué l’alphabet latin ?

Superprof revient de ses origines à son utilisation aujourd’hui.

L’étrusque, l’ancêtre de notre alphabet latin

D'où viennent nos lettres servant à écrire ? L’épingle d’or sur laquelle on a retrouvé les premières écritures étrusques.

Les systèmes d’écriture sont nés à différents endroits du globe et à des époques distinctes, que ce soit en Mésopotamie, en Egypte, en Chine ou en Amérique centrale. Il faut retenir que notre alphabet vient plutôt du Canaan, dans une région qui correspondrait aujourd’hui au Proche-Orient (Liban, Israël, Syrie, Jordanie, Sinaï).

Notre alphabet a une origine sémitique. A l’origine, les hiéroglyphes égyptiens ont servi à construire peu à peu l’alphabet que nous connaissons aujourd’hui. Nous utilisions un alphabet pseudo-hiéroglyphique consonantique. Au même moment, et bien avant le dictionnaire de latin moderne, naissait une écriture cunéiforme du côté de Phénicie. Les consonnes y étaient également dominantes.

Plus tard, les Grecs ont repris cet alphabet phénicien en y ajoutant des voyelles pour l’adapter à leur langue.

L’alphabet grec a donné naissance à l’alphabet étrusque qui est directement à l’origine de l’alphabet que nous utilisons aujourd’hui. Les Etrusques venait a priori d’Asie Mineure selon Hérodote mais cette théorie n’est pas confirmée.

Les Etrusques sont arrivés en Toscane aux alentours du VIIème siècle av JC et auraient adopté l’alphabet grec pour transcrire une langue demeurant encore mystérieuse aujourd’hui. En effet, les experts ne sont toujours pas capables de la comprendre et de la traduire alors qu’ils savent la lire.

La civilisation étrusque s’est étendue sur toute l’Italie puis petit à petit l’alphabet étrusque s’est imposé un peu partout en Europe, au rythme des conquêtes romaines. Toutes les autres langues et écritures locales ont alors disparu. Au IIIème siècle avant JC, il existait 19 lettres à l’alphabet. Les, X, Y et Z seront adoptés plus tard directement en héritage du grec.

L’alphabet étrusque comportait des lettres inutiles selon le système phonologique de la langue étrusque. On sait en effet que la voyelle « O » n’était pas utilisée mais elle trouvera son utilité chez les Romains.

Alphabet latin : Le système d’écriture romain

Où a-t-on retrouvé les premiers écrits en langue latine ? Chaque lettre de l’alphabet n’était pas forcément utile.

L’écriture à l’époque des Romains est réservée à la fonction de mémoire des grands hommes. En effet, on retrouve souvent des épitaphes invitant le peuple à glorifier la personne enterrée.

Ainsi, la démocratisation de l’écriture n’a pas lieu et on estime le taux d’alphabétisation a seulement 30 % des hommes adultes. Les enfants, garçons comme filles, apprennent à lire et à écrire auprès d’un magister, mais cette éducation est réservée aux familles prestigieuses.

Il y a souvent une signification religieuse au fait de savoir lire et écrire à l’époque romaine. En effet, on pensait que développer son intellect pouvait assurer une meilleure vie après la mort au défunt et même le faire accéder à l’immortalité.

On a retrouvé de nombreux supports où l’écriture latine et la déclinaison latine est présente : murs et tablettes, souvent en cire. Très peu de parchemins ont été retrouvés notamment parce qu’il était très difficile de s’en procurer en quantité à l’époque.

C’est seulement entre le Ier et le Vème siècle que les parchemins en papyrus se répandent et donnent lieu à une nouvelle forme d’ouvrage : le codex. La ponctuation n’existe pas à ce moment-là et pour aider les orateurs dans leur discours, les pauses étaient simplement marquées par un retour à la ligne.

L’écriture dépend de la parole. Elle ne sert qu’à retranscrire l’oral.

Il n’existe que des majuscules dans l’alphabet latin et ce, jusqu’à l’époque carolingienne (IXème siècle), lorsque l’écrit se détache peu à peu de l’oral et introduit des minuscules, que l’on apprend en latin cours.

Alphabet latin : de la capitale à l’arrivée de la minuscule

Le style gothique apparaît au XIIème siècle. La transcription des ouvrages et des discours doit être faite selon la réforme de Charlemagne.

Dans le contexte de la conquête romaine, l’écriture se déploie et évolue. On est bien loin de l’alphabet phénicien et de la langue sémitique de ses débuts. Il commence à exister deux sortes de lettres capitales :

  • La capitalis rustica (Ier siècle avant JC), caractérisée par une certaine liberté et un trait élancé,
  • La capitalis quadrata (IVème siècle), caractérisée par une plus grande discipline et une forme carrée.

L’écriture servait à retranscrire des poèmes comme ceux de Virgile et des récits littéraires mais elle est également utilisée pour parler des mérites d’un citoyens sur les murs de la Cité et immortaliser les discours dans le bronze ou dans la pierre.

Mais c’est dans la vie quotidienne que l’écriture connaîtra sa plus grande évolution.

Utilisée pour les lettres, les diplômes, les graffitis ou les contrats de vente, elle s’arrondit, se simplifie et des liaisons se font peu à peu entre les lettres. Les hauteurs des capitales deviennent différentes donnant lieu à l’écriture qu’on appelle cursive romaine. La minuscule apparaît au IIIème siècle par le biais de l’écriture vulgaire (du peuple) dans les langues latines.

Les lettres à l’origine très carrées, deviennent progressivement rondes et notamment dans les textes religieux chrétiens.

C’est Charlemagne qui entérine l’utilisation des minuscules pour asseoir son autorité lorsqu’il arrive au pouvoir en 771. Cela donne lui à une réforme de l’écriture. Tous les textes doivent désormais être recopiés en minuscule caroline. Notre écriture actuelle découle de cette normalisation.

Quelques faits intéressants de l’alphabet romain

Quand est apparu l'alphabet latin ? Le U n’existait pas, seul le V était utilisé selon la manière de prononcer des Romains.

Dans les premiers siècles de l’utilisation de l’alphabet romain, hérité des phéniciens et bien loin de l’écriture des hiéroglyphes de la tradition égyptienne, plusieurs faits sont à noter :

  • On ne fait pas de distinction entre le U et le V. Seul le V existe, l’écriture étant encore très carrée à l’époque,
  • La lettre G n’existait pas. La consonne C exprimait à la fois les phonèmes /k/ et /g/. C’est hérité directement du grec,
  • La lettre K était redondante avec la lettre C et n’a été gardée que dans quelques mots et devant un A,
  • La lettre Z n’existait pas car elle était inutile en raison de modifications phonétiques,
  • La lettre Q était une variante de la lettre K, uniquement utilisée devant un U.

Dans sa version archaïque, l’alphabet collège latin comptait 20 lettres :

A, B, C, D, E, F, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X. 

Alors que dans sa graphie classique après le IIIème siècle, il en comptait 23 :

A, B, C, D, E, F, G, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X, Y, Z. 

Vous noterez l’absence des lettres J, U et W qui apparaîtront plus tard, au fur et à mesure de l’arrondissement des lettres et de l’usage.

L’apparition de l’imprimerie et l’évolution moderne de notre alphabet

Quelle fut le premier livre imprimé ? C’est Johannes Gutenberg qui invente la presse mécanique à l’origine de l’imprimerie dès 1450.

Depuis l’apparition de l’écriture en Mésopotamie et son évolution de l’alphabet arabe au grec ancien en passant par l’hébreu et les langues slaves, les lettres classiques de l’alphabet latin ont connu pas mal d’évolution.

C’est la Renaissance qui amène le plus grand changement dans la forme d’écriture avec l’arrivée de l’imprimerie. Jusque là les manuscrits étaient écrits à la main. Avec l’imprimerie, les livres se diffusent plus facilement.

Le saviez-vous ? La Bible a été le premier ouvrage à être imprimé à l’aide de caractères mobiles. 

Mais on n’arrête pas pour autant d’écrire à la main. Au contraire, plusieurs styles d’écriture se développent :

  • Le style gothique : lettre de civilité (XVème siècle),
  • La financière (XVème siècle),
  • La ronde (XVIIème siècle),
  • La bâtarde(XVIIème siècle),
  • La coulée (XVIIème siècle),
  • L’anglaise : à partir de la bâtarde italienne, elle est plus facile à tracer et plus rapide à écrire (XVIIIème siècle).

Jusqu’au XXème siècle, c’est cette dernière qui sert de base dans l’apprentissage de l’écriture scolaire. Aujourd’hui, les lettres se transforment encore. Il n’y a qu’à regarder les tags actuels pour s’en convaincre.

Dès l’apparition de l’informatique (outil grâce auquel vous pouvez consulter des citations latin gratuitement), c’est le système alphabétique latin qui est le premier reconnu. Pour chaque glyphe correspond un code manipulé par l’appareil informatique. De la norme ASCI à la norme ISO 8859, tous les alphabets sont aujourd’hui manipulés par les ordinateurs :

  • Celui des langues anciennes comme l’araméen ou l’hébreu,
  • La langue grecque, le grec moderne,
  • La langue arabe, le turc,
  • L’arménien,
  • Le sanskrit,
  • Les caractères chinois,
  • L’alphabet cyrillique, l’alphabet russe,
  • Les langues européennes comme les langues germaniques, le français (et ses accents circonflexe, aigu, grave), l’espagnol (et sa tilde), le roumain, le croate…

Notre alphabet ne subit plus de modification depuis sa forme finale à 26 lettres. Il connaît quelques variantes en fonction de la langue. Ainsi, l’alphabet espagnol comporte 28 lettres (« ll » et « ñ ») et l’accent circonflexe, directement hérité du grec, n’existe pas dans toutes les langues.

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