« À vingt-six ans, j’hésitais entre devenir prophète et cinéaste ! Je traversais une crise religieuse assez grave et j’ai failli devenir psychotique. », Paul Verhoeven, cinéaste néerlandais né en 1938

Même si le cinéma néerlandais ne peut rivaliser avec les superproductions américaines ou avec le cinéma français en termes de quantité de films tournés par an, il n’en reste pas moins un cinéma de qualité. Avec une vingtaine de films par an produits en moyenne et réalisés par des cinéastes talentueux comme Joris Ivens, Paul Verhoeven ou Bert Haanstra, sa réputation n’est plus à faire.

Plusieurs films néerlandais ont remporté un Oscar à Hollywood comme L’assaut en 1986, Antonia et ses filles en 1995 et Karakter en 1997.

Et puis le cinéma néerlandais en version originale représente un formidable moyen pour ceux qui apprennent le néerlandais d’acquérir du vocabulaire et de découvrir de nouvelles tournures linguistiques.

C’est parti pour la découverte du 7e art néerlandais !

Petite histoire des films et du cinéma néerlandais

Willy Mullens l'un des plus grands réalisateurs néerlandais
Willy Mullens et son épouse. Il a réalisé l’une des premières comédies néerlandaises

Probablement en raison de sa situation géographique particulière, et influencé par le cinéma naissant chez ses voisins, le septième art est arrivé très tôt dans l’histoire des Pays-Bas. Il était tout d’abord considéré comme une forme de divertissement et les salles de cinéma dans les principales villes du pays projetaient uniquement des productions étrangères.

En 1896, la première production néerlandaise fut projetée en salle. Le film s’appelait Gestoorde Hengelaar ( Le Pêcheur Perturbé). Quelques années plus tard, le cinéaste néerlandais Willy Mullens réalisa l’une des premières comédies néerlandaises intitulées les mésaventures d’un gentleman français sans pantalon à la plage de Zandvoort.

Lors de la Première Guerre mondiale, le pays connut une grosse production cinématographique en raison de la neutralité du pays qui ne connut pas réellement les horreurs de la Grande Guerre. Par contre la Seconde Guerre mondiale entacha sérieusement la production de films aux Pays-Bas. Ceux-ci étaient alors utilisés comme des moyens de propagande pour les nazis qui occupaient le pays. Trois films sortirent d’ailleurs dans les salles sous l’occupation : l’Allemagne contre le bolchevisme en 1941, L’arrivée d’un nouvel ordre également en 1941 et Le travail en Allemagne en 1942.

Dans les années 50, les films documentaires se développèrent aux Pays-Bas avec des réalisateurs tels que Bert Haanstra.

Les années 70 furent les années du renouveau du cinéma néerlandais avec le réalisateur Paul Verhoeven qui produisit de nombreux films à succès comme Katie Tippel en 1975, Le choix du destin en 1977 et Spetters en 1980. D’autres réalisateurs comme Dick Maas et Théo Van Gogh se lancèrent avec succès dans le cinéma d’auteur.

Depuis les années 1990, le cinéma néerlandais se consacre surtout à la production de téléfilms, de séries TV et de longs métrages consacrés aux faits de société dont les films Costa en 2001 et Hush Hush Baby en 2004 sont de très bons exemples.

Les productions cinématographiques néerlandaises de 1950 à 1999

Joris Ivens l'un des réalisateurs les plus talentueux
Le réalisateur néerlandais Joris Ivens en compagnie de la Reine des Pays-Bas

Juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les productions cinématographiques néerlandaises étaient à l’abandon en raison des priorités de reconstruction du pays. Rapidement, dès la fin des années 50, le cinéma s’est professionnalisé aux Pays-Bas avec la création de la Nederlandse Filmacademie. C’est l’époque des documentaires avec des réalisateurs comme Joris Ivens, Johan van der Keuken et Jos de Putter.

Durant les années 70 et 80, le cinéma néerlandais connut ses heures de gloire principalement grâce au réalisateur Paul Verhoven qui réalisa de nombreux succès comme Business is Bussiness en 1971, Turkish Delight en 1973 , Katie Tippel en 1975, Soldier of Orange en 1977 et Spetters en 1980.

Business is Business (Wat zien ik) est un film néerlandais réalisé en 1971 par Paul Verhoeven. Il raconte l’histoire de Greet et Nel deux prostituées travaillant à Amsterdam, obligées de se plier aux demandes parfois étranges de leurs clients.

En 1973, sort dans les salles le film Turkish Délices (Turks fruit) de Paul Verhoeven avec les acteurs Monique Van de Ven et Rutger Hauer. Ce film dramatique raconte l’histoire d’un sculpteur un peu bohème prénommé Éric qui n’hésite pas à séduire de nombreuses femmes en usant de méthodes particulières et quelque peu brutales.

L’Ascenseur (De Lift) de Dick Maas est un film d’horreur sorti dans les salles en 1983. Tués par un ascenseur ! Tel est le sort qui attend différents protagonistes habitant dans un immeuble résidentiel. Pourtant, l’appareil semble fonctionner correctement, mais la liste des victimes s’allonge.

Réalisé par Marleen Gorris en 1995, Antonia et ses filles est un film dramatique qui raconte l’histoire d’Antonia et sa fille lorsqu’elles rentrent dans son village à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elles décident alors toutes les deux de créer une famille élargie de type matriarcal.

Le cinéma néerlandais dans les années 2000

Paul Verhoeven le grans réalisateur néerlandais
Le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven lors d’une conférence de presse

En 2007, Steven de Jong réalise Les aventuriers du grand large (De Scheepsjongens van Bontekoe). Ce film est inspiré d’un livre pour enfants publié par Johan Francius en 1923. Il raconte l’histoire de Hajo, un jeune garçon de 14 ans qui part à l’aventure sur un bateau à destination de l’Inde.

En 2008, Black Book de Paul Verhoeven sort en salle. Il retrace l’histoire d’une jeune femme juive vivant aux Pays-Bas et qui devient espionne pour la résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Ce film avec un budget de 18 millions d’euros est le plus cher du cinéma néerlandais.

The Human Centripede de Tom Six avec l’acteur Dieter Laser est un film d’horreur néerlandais sorti en 2009. Ce film raconte l’histoire d’un chirurgien allemand de grande renommée qui enlève des personnes pour les relier l’un à l’autre par la bouche et l’anus dans le but de former un mille-pattes humain. Ce film reçut en 2012 le prix du public au festival international de cinéma fantastique de Nice.

C’est en 2011 que Paula van der Oest réalise son film inspiré de l’histoire de la poétesse sud — africaine Ingrid Jonker. Le film reçut en 2011 le veau d’or du meilleur montage et Carice van Houten reçut le titre de meilleure actrice.

En 2015, Armada réalisé par Roel Reiné sort en salle. Il s’agit d’un film historique néerlandais et belge qui raconte le récit des différentes batailles navales contre l’Angleterre menée par l’amiral des provinces unies Michel de Ruyter. Cet amiral qui naquit en 1607 et mort en 1676 était l’un des plus célèbres amiraux de la marine néerlandaise.

Le cinéma d’animation et les documentaires

The human centripède, la chenille humaine
Human Centripede, un film d’horreur néerlandais à la limite de l’insoutenable

Olivier et le dragon vert (Als je begrijpt wat ik bedoel) sorti en 1983 est le premier long métrage d’animation. Il raconte l’histoire d’un ours, Sir Olivier Pomalo qui découvre un œuf de dragon par une nuit d’orage. Lorsqu’il éclot, un magnifique petit dragon vert en sort. Gentil et mignon, il grossit à chaque fois qu’il se met en colère.

Quelques grands noms du cinéma hollandais se sont illustrés dans le cinéma d’animation comme George Pal ou Paul Driessen qui a travaillé sur le film d’animation Yellow Submarine réalisé par George Dunning en 1968.

Le cinéma documentaire est une spécialité du cinéma néerlandais. Les réalisateurs dans le domaine sont :

  • Joris Ivens qui réalisa La Pluie en 1929, Comment Yukong déplaça les montagnes en 1976 et Une histoire de vent en 1988 ;
  • Johan van der Keuken qui réalisa Herman Slobbe en1966, La Jungle plate en 1978  et Vacances prolongées en 2000 ;
  • Jos de Putter avec Quelle belle journée ! en 1993 ;
  • Wilfred de Brujin ;
  • Willem Baptist.

Les grands noms du cinéma néerlandais

Beaucoup de grands réalisateurs et réalisatrices sont d’origine néerlandaise et exercent leurs talents dans leur pays ou ailleurs. Parmi ceux-ci, on peut citer :

  • Jamel Aattache, Hans Behrendt, Ludi Boeken, Jan de Bont, Edwin Brienen ;
  • Anton Corbijn, Michaël Dudok De Wit, Bram van Erkel, Theo Frenkel, Théo van Gogh ;
  • Marleen Gorris, Bert Haanstra, Leonard Retel Helmrich, Joris Ivens, Johan van der Keuken ;
  • Dick Maas, Menno Meyjes, Charles Huguenot van der Linden, Fons Rademakers ;
  • Jean van de Velde, Paul Verhoeven, Cyrus Frisch.

Les grands acteurs et actrices du cinéma néerlandais :

  • Rutger Hauer, Carice van Houten, Famke Janssen ;
  • Jeroen Krabbé, Derek de Lint, Sylvia Kristel ;
  • Monique van de Ven, Renée Soutendijk, Dolf de Vries.

Le cinéma néerlandais bien que peu connu possède de nombreux chefs-d’œuvre, de grands réalisateurs et des acteurs qui ont joué avec les plus grands. Profitez-en pour les regarder si vous en avez la possibilité, car c’est un excellent moyen pour perfectionner ses connaissances de la langue néerlandaise.

C’est une méthode qui a fait ses preuves et qui permet de se familiariser avec la construction des phrases en néerlandais et la syntaxe. Pour que ce soit profitable et constructif, visionner les films en version originale sous-titrée en français et quand vous serez familiarisés avec le néerlandais, vous pourrez passer au sous-titrage dans la langue originale du film.

Si dans votre apprentissage vous rencontrez l’une ou l’autre difficulté, n’hésitez pas à contacter Superprof  qui dispose de nombreuses fiches sur les langues étrangères, dont le néerlandais. Elles sont gratuites et accessibles sans la création d’un compte.

En attendant, installez-vous confortablement dans votre canapé avec votre pop-corn et une boisson rafraîchissante pour visionner votre film préféré en néerlandais.

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Rédacteur Web SEO, je suis passionné par l’écriture, l’informatique, l’histoire des sciences et l’histoire en général. J’aime composer sur tous les sujets. Il n’y a rien de mieux pour apprendre de nouvelles choses et combler ma soif de savoir.